Keen Jila
Trésors de l'art contemporain océanien
Centré sur la création contemporaine dans la région Pacifique, le Fonds d'art contemporain Kanak et océanien constitue, par sa dimension et son originalité, une collection publique unique au monde. Créé en 1995 par l'Agence de développement de la culture Kanak pour devenir la collection d'art plastique du centre culturel Tjibaou, le Facko compte aujourd'hui plus de huit cents oeuvres ayant contribué à quelque cent-quarante expositions, présentées en Nouvelle-Calédonie comme à travers le monde.
Keen Jila vous invite à retracer le chemin parcouru depuis les premières acquisitions, à travers vingt-six "trésors de l'art contemporain Océanien" qui témoignent de la vivacité d'une expression plastique singulière et méconnue.
En quelques décennies, des pratiques nouvelles se sont développées, sans jamais perdre le lien avec l'héritage symbolique et esthétique des sociétés traditionnelles océaniennes dont elles émanent. Elles traduisent les aspirations et les inquiétudes d'hommes et de femmes d'aujourd'hui qui n'ont jamais cessé de s'inspirer des formes de la nature, des légendes, des mythes fondateurs et des symboles traditionnels qui guidaient hier les gestes de leurs aînés. Elles portent également en elles la trace de l'extrême sensibilité de leurs auteurs aux mutations politiques, économiques et sociales qui bouleversent les fragiles équilibres insulaires.
Les artistes d'Océanie ne cessent pourtant d'intérroger l'avenir, conscients de l'impérieuse nécessité de partager ce qu'ils savent, et ce qu'ils sont, avec le reste du monde et les générations qui suivront...
Keen jila signifie « panier des trésors » dans les langues kanak de la région de Hienghène
Dans les langues de Hienghène (jawé, némi, pijé et fwâi), « kee-n », issu du terme « keet », signifie panier (contenant, enveloppe) ; tout ce qui est du domaine du sacré devant être recouvert pour être préservé et garder ainsi sa puissance, à l’exemple des monnaies kanak. Le terme « Jila » désigne les richesses échangées lors des cérémonies coutumières. Il est également repris pour désigner la case dans laquelle sont comptabilisées les offrandes : « ngan jila » - « la maison des richesses ».
[Ce terme a été choisi pour désigner le centre culturel Tjibaou.]
L’expression « keen jila » définit donc le « panier des richesses, des trésors » ou « panier des magies » qui renferme les biens précieux d’un lignage. Chaque groupe familial possède un panier sacré dans lequel sont soigneusement enveloppées et préservées les monnaies de coquillages et les plantes qui entrent dans la préparation des « magies ». Il recèle parfois des reliques (ossements, dents, cheveux) des différents prêtres qui ont servi le panier, ainsi que des coquilles et des ossements des espèces animales associées à l’esprit ancestral du lignage. Y sont associés divers objets rituels : couteaux à igname, pierres magiques, battoirs d’écorce, ustensiles de pêche ou de chasse, selon les fonctions du groupe familial que le panier protège et favorise dans les échanges cérémoniels. Le panier est enrichi chaque année, à l’occasion des échanges de la fête des ignames.
L’expression Keen jila est employée ici pour traduire le concept d’une collection d’oeuvres d’art, à l’image du Fonds d’art contemporain kanak et océanien (Facko).
Editeur ADCK - Centre culturel Tjibaou
Auteur(s) : De Liliane Tauru et Gilbert Bladinières
Parution : février 2009
ISBN13 (eBook [PDF]) :
978-2-909-40748-7
EAN13 (eBook [PDF]) :
9782909407487
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